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Un trou dans la gestion des mines

05 Avril 2009
aucun commentaire

Depuis deux ans, les écologistes remettent en question les privilèges d'un autre âge accordés aux industries minières d'ici et comparent ces dernières à celles qui écument les pays en développement. Le bilan dévastateur du vérificateur général ne dresse pas le portrait d'une catastrophe environnementale. Mais il dévoile certainement «la» faille du plan Nord du gouvernement Charest, qui pourra difficilement éviter d'élucider les causes d'une pareille dégénérescence de la gestion étatique.

Le rapport du vérificateur général sur le secteur minier ressemble à celui d'une commission d'enquête, à cette différence près qu'il relève les failles de la gestion étatique dans ce secteur sans remonter aux causes de cette situation, ce qui serait plutôt le mandat d'une commission d'enquête.

Nos ministériels n'ont rien expliqué jeudi de cette situation scandaleuse en réponse aux questions de l'opposition. Le ministre délégué aux mines au sein du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Serge Simard, a bien promis de présenter incessamment une nouvelle politique sur les mines. Mais il serait surprenant que cette politique, conçue par une machine administrative désormais au banc des accusés, ne reproduise pas insidieusement le laxisme dont ont profité les industries minières grâce aussi à l'archaïque loi dont Québec s'accommode depuis des décennies, et que le vérificateur ne remet pas en question puisque ce n'est pas son mandat.

...

L'État doit en principe retirer une compensation suffisante de l'exploitation des ressources naturelles, y compris des minières puisque leurs ressources ne sont pas renouvelables. Le Québec comptait l'an dernier 24 mines dont 18 en Abitibi-Témiscamingue. Treize gisements nouveaux sont susceptibles d'être exploités prochainement et de rapporter à l'État une redevance de 12 %. En principe.

Le vérificateur a plutôt découvert qu'entre 2002 et 2008, «14 entreprises n'ont versé aucun droit minier alors qu'elles cumulaient des valeurs brutes de production annuelle de 4,2 milliards. Quant aux autres entreprises, elles ont versé pour la même période 259 millions, soit 1,5 % de la valeur brute annuelle». Ce qui a fait dire au député de Québec solidaire, Amir Khadir, que c'est dix fois moins que le pourboire que ces industriels laissent au restaurant...

Le MRNF tente aussi de cacher ce retour en catimini à la politique minière du régime Duplessis, qui réclamait au moins une cent la tonne! C'est ainsi que le MRNF, écrit le vérificateur, «a cessé d'effectuer une étude systématique des statistiques [sur le secteur minier] et de rendre publics des renseignements sur cette industrie».

Pis, ce ministère, qui a réussi à mettre la main sur les services fauniques -- parmi ses plus durs critiques depuis des décennies --, a fait le choix de ne pas se «donner d'objectifs d'acquisition de connaissances» sur les impacts de l'activité minière sur la faune. Avec ce constat, le rattachement de ces services à l'Environnement devient une urgence si on veut qu'ils retrouvent leur vitalité et leur crédibilité.

...

Le ministère de l'Environnement a aussi des responsabilités sur les mines, car c'est lui qui surveille ses rejets et, en principe, les exigences des certificats d'autorisation, ce que l'examen du vérificateur n'englobait pas. Mais ce dernier a noté que, «dans la quasi-totalité des dossiers, nous n'avons retrouvé aucune trace de collaboration entre les inspecteurs» des deux ministères. Il ne faut donc pas se surprendre que les avis de l'Environnement sur les conditions de fermeture des sites et sur leur suivi n'aient à peu près aucun poids, ce que la ministre responsable, Line Beauchamp, s'est bien gardée de justifier jeudi devant l'Assemblée nationale. Pourtant, insiste le vérificateur, une «telle collaboration est incontournable».

Dans certains dossiers de «libération», c'est-à-dire quand Québec juge qu'une industrie minière peut être libérée de ses obligations pour la restauration de son site, le vérificateur a découvert que des certificats avaient été délivrés sans la moindre analyse basée sur des critères rigoureux. En plus de ce qui ressemble à des certificats de complaisance, il est même arrivé que le MRNF accepte qu'une industrie minière transfère sa responsabilité financière sur les suivis de son site à des tiers dont «le MRNF n'avait pas vérifié la solvabilité».

Article Du Devoir



C'est presque toujours le même protocole. Une compagnie exploite les ressources naturelles, le gouvernement fait en sorte que cette compagnie ne paie pas de dividende à la population afin de faire un profit maximal. Une fois que toute la ressource est exploitée, la compagnie prend ses clics et ses claques et c'est à la population de payer pour réparer les dégâts faits à la nature. C'était vrai pour l'industrie forestière et c'est aussi vrai pour l'industrie minière et le fameux « Plan Nord » de Charest suivra ce protocole à la lettre. À quand une gestion responsable de nos ressources naturelles? Il ne faudrait surtout pas trop en demander à nos élues, « développement durable » ne sont que des mots sans signification, juste pour faire jolie...

Le Syndrome Angkor Wat

09 Août 2008
aucun commentaire

Par Alex Birch, traduit par André Audet



Un nouvel article est récemment paru à CNN à propos du vieux temple Angkor Wat au Cambodge. Les archéologues ont publié une nouvelle carte des installations révélant que l’Angkor Wat n’était pas qu’un simple temple, mais aussi une cité ancienne composée d’infrastructures complexes et de logements résidentiels. L’époustouflante beauté et la fantastique ingéniosité architecturale de cet endroit sont toutefois obscurcies par les sombres conclusions provenant des archéologues : l’écroulement de la cité est partiellement due à une catastrophe environnementale.



L’immensité originelle de la cité et le système complexe d’aqueduc semblent avoir mené à une déforestation et une surexploitation des ressources naturelles de la région. On peut facilement imaginer la crise qui eut lieu durant la chute de cet empire : trop de gens coincés dans un espace trop petit, combiné à un développement trop rapide de la technologie et des infrastructures, qui, vu de l’extérieur par la population de ce temps, devait sembler incroyable, ne connaissant pas les conséquences futures de ces développements.

Angkor Wat est un exemple fascinant mais aussi effrayant des problèmes inhérents à toute communauté sociale qui se développe pour éventuellement devenir une société plus large, ou encore une civilisation entière. Lorsque les gens quittent leur cave afin de construire un nouveau domicile, de nouvelles technologies et une nouvelle éthique sociale, il est facile d’oublier le milieu naturel duquel ils proviennent. Personne aujourd’hui ne pense au fait que nous ne sommes en vérité qu’une forme de vie organique sur cette planète, dépendante de l’eau, de la nourriture et de la lumière du soleil afin de rester en vie. Nous avons passé trop de temps dans de petits bureaux, au supermarché ou devant la télé pour pouvoir être connectés au monde réel. Soudainement, un groupe de scientifiques étudie le climat et découvre l’horrible vérité dont personne ne se souciait jusqu’ici : «Oh non! Nous avons fait un trou dans la couche d’ozone!»

Pour plusieurs personnes, ceci pourrait sembler vraiment stupide; pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? La réponse est simple : notre civilisation, probablement tout comme l’ancienne Angkor Wat, a oublié le monde extérieur, trop occupée à célébrer une réalité sociale qui satisfait le confort de ses citoyens. Si quelqu’un aujourd’hui affirmait que nous sommes beaucoup trop de personnes à consommer beaucoup trop de ressources, il serait soit chassé et transformé en trophée ou envoyé en prison pour avoir violé les incontestables droits de l’homme. Qui sont, le droit de consommer, le droit de prendre place, le droit de rester en vie et vivre sa vie comme il le désire; le droit de vivre dans un monde fantastique composé de ses propres références où l’individu n’a aucune obligation face à son environnement. Nous avons la possibilité de prendre tout ce que nous désirons et de se débarrasser de nos déchets dans le parc ou le lac le plus près, puisque nous sommes maintenant moderne et n’éprouvons aucune humilité face à la nature.

Le problème avec cette joyeuse illusion est qu’elle équivaut à vivre dans une bulle; on se sent bien pendant que ça dure, mais tôt ou tard la bulle éclate et la partie est terminée. Que devons nous faire ? Pour les gens vivant dans une civilisation confortable où l’eau, la nourriture et les divertissements sont garantis, le monde extérieur est un endroit effrayant et inégalitaire. Là, vous devez vous battre pour demeurer en vie, même l’espace d’une seule journée. La vie est une lutte et cette lutte disparaît plus ou moins lorsque l’on vit dans une société aux technologies complexes qui semble créer de la nourriture et des plaisirs à partir de rien. Malheureusement, ce n’est pas comme cela que les choses fonctionnent.

Le syndrome d’Angkor Wat, qui crée un monde social parallèle au monde réel, frappe habituellement toutes les civilisations à un moment ou l’autre. Cependant, ce qui définit ce syndrome est qu’il apparaît toujours dans une société décadente qui est déjà sur une pente descendante. Nous voyons ceci clairement dans notre propre ère : la dépression et l’obésité vont en augmentant, les gens passent leur temps à écouter la télé et chercher un emploi, les grandes entreprises corporatives manipulent les chefs politiques entraînant la dissolution de la culture et de la nation afin de créer un seul consommateur du supermarché global et nos valeurs sont devenues égoïstes et superficielles. Nous régressons vers l’intérieur, mais tout comme les choses ont dû l’être pour les citoyens d’Angkor Wat, la majorité des gens sont totalement inconscients de cette décadence avant qu’il ne soit trop tard. C’est le stade final de cette maladie et ceux qui ont anticipé la fin pendant tout ce temps attendrons patiemment la chute, afin qu’un nouvel ordre plus sain puisse être établi sur les ruines de ce qui a déjà été un grand empire.



Texte Original

Jésus Aime U2

11 Novembre 2007
aucun commentaire

Par Alex Birch, traduit par André Audet


Plusieurs adeptes de U2 ont dû être choqués lors de la découverte du dernier travail réalisé pas le sculpteur Hollandais nommé Frans Smeets. La sculpture représente l’icône rock Bono, enveloppé d’une robe Nike, tenant ses mains devant lui d’une manière qui nous rappelle celle de Jésus s’adressant à ses apôtres. À ses pieds gît un bébé Africain qui le dévisage tout en ayant un visage qui donne la chair de poule, comme s’il voulait dire : « Pourquoi ne me sauves-tu pas ? » Le fait que Bono ne semble pas préoccupé par l’enfant est hilarant, au contraire, son expression faciale et son langage corporel répliquent, « Qu’est-ce que tu veux que Bono fasse pour toi ? Te donner un exemplaire de mon album ? »



Que cette sculpture soit qualifiée d’« art » ou pas, le fait est que personne ne peux nier le message que Smeets nous communique aussi efficacement avec son travail. Aujourd’hui, il devient immensément populaire pour une icône internationale d’être engagée politiquement, religieusement ou charitablement. La princesse pop Madonna adopte un enfant Africain et démontre un intérêt pour les croyances Juives, Al Gore devient le nouveau « Sauveur vert » qui combat le réchauffement planétaire, Bill Gates dirige Microsoft afin de rendre disponible Windows au Tiers Monde, et Bono, comme nous le savons tous, est reconnu pour son combat contre la pauvreté et les injustices.



Grâce aux médias du monde entier, des quatre coins de la planète on peut constater à quel point ces multimillionnaires sont préoccupés par la situation et pleins de compassions. À quel point ils sont exceptionnels pour se préoccuper des gens qui n’ont pas de nourriture à manger ou qui subissent l’oppression de régime horrible qui réduise leur liberté individuelle. Ne serait-ce pas formidable si tous les citoyens de la planète joindraient les mains ensembles, sans égards à leur classe, habiletés et la couleur de leur peau, afin de former une nation mondiale où tous vivraient ensemble dans la gaieté et la liberté! La pauvreté disparaîtrait, le racisme serait chose du passé, il n’y aurait plus de classe sociale, et tout le monde serait vu en tant qu’êtres égaux. Comme c’est magnifique!



Smeets a su se montrer très habile lorsqu’il a choisi de représenter Bono comme un Jésus négligent. Au premier coup d’œil on pourrait croire que Bono est un héro. Il possède beaucoup d’argent et en donne un peu à des gens dans le besoin. Mais ses motivations sont-elles réellement non intéressées ? Le philosophe Allemand Friedrich Nietzsche étudia la notion de la pitié et se demanda pourquoi certaines personnes en aidaient d’autres en position désavantageuse par rapport à eux. Il arriva à la conclusion que la pitié était un moyen pour les gens d’accéder à un certain pouvoir. Quand nous aidons les plus faibles ou ceux qui nous sont inférieurs, nous nous sentons naturellement bien. Dans un sens, nous nous sentons comme un héro, peu importe si l’aide a un effet quelconque. En fait, Nietzsche trouva que les personnes, qui prenaient en pitié les autres, veulent que ceux-ci restent en position d’infériorité, afin qu’ils deviennent dépendant de leur sauveur.



Quand Bono s’engage dans des actes charitables pour le Tiers Monde, il devient une icône des médias internationaux, ce qui signifie que lui et sont groupe rock U2 reçoivent des tonnes d’argent provenant de promotion, incluez à cela la hausse de vente de ses disques. Bono agit comme Jésus; aider le Tiers Monde ne l’intéresse pas vraiment, il utilise seulement un moyen plus habile afin de gagner du pouvoir et de la richesse, tout en gardant une image d’artiste « engagé ». On pourrait même dire que la pauvreté de l’Afrique aide Bono à devenir plus riche. Voilà ce qu’est la charité : un modèle budgétaire qui vise à générer de l’argent profitant à un petit groupe de personnes, pendant que les problèmes réels continuent de s’amplifier.



Alors comment faisons-nous pour savoir si l’aide est égoïste ou désintéressée ? Comment pouvons-nous être certains que Bono, Madonna, Al Gore et Bill Gates ne sont que de riches escrocs ? Si nous sommes honnêtement intéressés dans l’aide de quelqu’un, nous devons faire en sorte de régler leurs problèmes. Pomper de l’argent provenant de l’Ouest ne règle pas les problèmes de la pauvreté au Tiers Monde. En fait, l’aide provenant de l’Ouest sert à augmenter la pauvreté, en gardant en vie une génération d’enfants crevant de faim – enfants dont la sélection naturelle aurait prit soin. Donc le nombre de personnes grandissant sans nourriture et eau augmente, contribuant au chaos et infections qui ravagent présentement l’Afrique.



Pour conclure, si nous comparons les motivations avouées d’une personne avec les façons dont elle résolue les problèmes, nous trouverons un brave héro ou un sournois parasite. Si Bono se préoccuperait réellement du bébé Africain étendu à ses pieds, il ferait la promotion de la plannification des naissances et distriburait des condoms gratuits à la population Africaine. Par ce moyen, il pourait mettre fin à la pauvreté après quelques générations et s’il serait si intelligent, il s’assurerait de stériliser tous ses gens atteints du HIV et par la même occasion aiderait le peuple Africain à se libérer du SIDA. Mais Bono ne fera jamais ce genre de choses, parce que ce serait vu comme du « fascisme » et du « totalitarisme ».  En d’autres mots, ce serait efficace et résoudrait les problèmes de pauvreté dont il ne cesse de se plaindre à la Télé. Par conséquent, il va continuer à jouer au Jésus, sucer toutes les oppoturnités d’affaires qu’il peut, bien symbolisé par sont gilet de marque Nike, et, devant ses gens qui hurlent à l’aide, tenir ses mains devant lui dans un geste désinvolte.



Version Originale

La Permaculture

30 Octobre 2007
aucun commentaire

Les paysans sont en voie d’extinction. Ils ont été remplacés successivement, depuis la révolution industrielle du 19e siècle, par une catégorie de travailleurs agronomes que l’on peut qualifier respectueusement de « producteurs de biens consommables ». Ceux-ci, afin d’augmenter la capacité de production de leurs cultures, se sont tournés vers des modes d’exploitation terrestre de plus en plus nuisibles. Les premiers engrais, sous forme naturelle de phosphore, de potassium et d’azote, ont été utilisés depuis très longtemps, alors que de nos jours, les assemblages chimiques ont pris le relais sur les terrains fertiles, polluant de plus en plus les nappes phréatiques, les cours d’eau et la santé des humains. Le labourage des sols, les compactant en quelques années, a facilité l’érosion et ainsi, des centaines de milliers d’hectares de sols cultivés disparaissent chaque année, emportés par des crues, lessivés par les pluies. Les producteurs agricoles sont en train de ruiner la planète dans la pollution pour que leurs récoltes soient abondantes, que leurs fruits et légumes remplissent les épiceries des pays riches qui gaspillent une partie de cette nourriture par leur appétit grotesque et démesuré. Cette situation est dramatique et personne n’ose se poser des questions sur les modes de production, à la fois fort dommageables et inutiles.



Et voilà que nous apparaît la Permaculture. Un de ses précurseurs, le japonais Masanobu Fukuoka, a fini par comprendre qu’en laissant la nature s’occuper des productions, tout en lui donnant un petit coup de pouce vert, les rendements étaient fructueux, tout en évitant à la Terre des souffrances inacceptables : « plus les conditions de culture ressemblent au milieu naturel de prédilection de la plante en question, plus le rapport kilojoules dépensés/kilojoules récoltés est meilleur » disait-il. Ses expériences, qui consistaient à produire un riz robuste pour faciliter leur germination en terrains arides, comme ceux des pays démunis, ont été impitoyablement stoppées après que l’armée japonaise eut saisi et détruit l’entier de ses semences et de ses récoltes. Allez savoir pourquoi! Les lois du marché, corrompues, sont à combattre autant que les pratiques agricoles désuètes de notre époque de bouleversements climatiques.



C’est en 1970 que le terme – Permaculture – a fait son apparition, alors que les australiens Bill Mollison et David Holmgren ont développé des méthodes de production stables, innovatrices et profitables autant aux humains qu’à l’environnement. Ils ont nommé la Permaculture en fonction de la permanence des cultures, alliant le caractère humain de la production à l’intelligence même de la nature pour faire ce qu’elle fait de mieux. Ainsi, une brève définition de la méthode serait de créer des environnements humains durables tout en suivant et en comprenant la technique que la nature utilise elle-même pour être efficace. Aucun labourage, aucun produit chimique, aucun désherbage, simplement comprendre comment la nature fonctionne, et imiter ce fonctionnement dans un cadre de production alimentaire. La Permaculture utilise des notions d’écologie appliquée, de design ou d’horticulture paysagiste, d’agriculture saine, donc biologique, de pédologie et, bien évidemment, de pédagogie car le tout forme une façon de vivre en relation intrinsèque avec la nature tout en la préservant.



En résumé, pour comprendre l’efficacité nourricière d’un terrain, il faut voir les caractéristiques physiques propre à celui-ci : dénivelé, marais, cours d’eau, vent, etc. Ensuite, il faut comprendre la relation que nous voulons tenir avec ce terrain, journalière, mensuelle, saisonnière, afin de bien saisir l’ampleur du temps que nous y consacrerons. Puis il faut établir les liens possibles entre les éléments du terrain, éléments physiques et humains de son exploitation. Viendra ensuite le côté pédologique, c'est-à-dire des éléments qui forment le sol, bactéries, racines, roches, etc, qui nous aidera à éclairer nos choix sur les végétaux qui sauront y pousser. Une fois la compréhension du terrain et de ses caractéristiques acquise, il faut voir quels végétaux y seront complémentaires, polyvalents, afin que les uns aident, par leurs propriétés, les autres. Exemple : le haricot pousse sur la tige du maïs alors qu’ils sont protégés, à la base, par les feuilles des courges qui créeront de l’ombre. Complémentarité et polyvalence, c’est très important. Le but final est de favoriser des microsystèmes productifs en alliant les capacités et les propriétés d’un système à un autre, et ce, sur un même terrain, avec toutes les notions de paysagisme pour limiter l’impact de notre intervention sur la nature, que les bonnes propriétés du sol ne finissent pas par se lessiver, comme c’est le cas dans les productions nécessitant labourage. La nature est la meilleure des jardinières!



La Permaculture est une solution simple et écologiquement complexe. Je vous invite à lire sur celle-ci, et un jour, c’est vous qui aurez, autour de votre maison, votre propre terre nourricière, vivace, autonome, productive, facile et surtout, avec toute la beauté qui s’y attachera, ce qui vous permettra d’économiser sur la nourriture de production, fort nuisible depuis le germe jusqu’au transport. Aussi, l’aspect moral de cet accomplissement vous rendra fier et en bonne santé mentale! L’avenir est à ce que chaque être qui compose une société possède sa parcelle de jardin d’Éden, n’est-ce pas souhaitable, et pour les humains, et pour la planète bleue?



J’espère que mes connaissances concises sur la Permaculture sauront vous ouvrir l’esprit sur cette technique révolutionnaire, qui fait appel à la fois au jugement et au respect, ainsi qu’à la compréhension et donc la connaissance. Regarder son jardin pousser tout seul, sans entretien sinon minimal, alors que l’on digère lentement le fruit de son potentiel, toujours grandissant.



Révolution morale et révolution écologique sont à nos portes, ouvrons-les, aucune clé pour nous en priver!



Le public et mes amis en particulier, attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité. L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour, l'intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. [...]
Non pas sur l'échafaud, environné d'une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l' indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendance de mes compatriotes ; nous avons été malheureux jusqu'à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien. Malgré tant d'infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et d'une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent ; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versés sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué de deux étoiles des Canadiens. [...]
Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d'échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais ! ... Je n'ai plus que quelques heures à vivre, et j'ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes. Pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant :

Vive la liberté !

Vive l'indépendance !



~ François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier


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