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Réflexions sur les émeutes de Londres

21 Août 2011
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Il y a moins d'un mois, Tottenham était en flammes. Une manifestation qualifiée de pacifique s’est vite transformée en un festival du saccage. Les pillards s'en sont donné à coeur joie volant gadgets électroniques et vêtement de marques. La gauche explique cette situation par la pauvreté et la misère des immigrants qui sont incapables de s'intégrer à une société trop intolérante où les programmes sociaux favorisant l'intégration sont trop peu subventionnés. La droite officielle quant à elle semble simplement se désoler de la situation et tente de la corriger avec plus d'oppression par l'augmentation des effectifs policiers. Cette solution ne règlera rien à long terme, bien qu'elle soit efficace à court terme. C'est comme mettre du peroxyde sur un bras amputé espérant qu'il repousse. Seule la droite non officielle, que je me plais à qualifier de « vrais conservateurs », blâme le multiculturalisme ou le multi ethnisme pour expliquer les dégâts.

L'épisode Freddy Villanueva au Québec avait le potentiel de se transformer en une situation semblable. Une manifestation contre la brutalité policière avait eu lieu et il y eu même du grabuge, rien de comparable avec l'ampleur de la dégénération de Londres par contre. Les mouvements issue de la gauche et autres associations anarchistes sont très promptes à dénoncer la violence lorsqu'elle provient d'une figure d'autorité, mais affiche une attitude de compréhension lorsqu'elle provient d'un ou plusieurs membres d'une ethnie minoritaire ou des pauvres. Comme si ces actions de la police donnaient le droit à être violent, de saccager les efforts de ceux qui travaillent fort pour gagner humblement leur vie. Quelle attitude devrait avoir un policier se sentant en danger? Être compréhensif et tendre l'autre joue?

Peu importe les efforts déployés, une société ne peut pas intégrer les membres d'une autre culture s'ils ne veulent pas en premier lieu s'intégrer. C'est autant plus vrai si cette société ne possède pas une culture forte. Comment peuvent-ils s'intégrer si la culture du pays accueillant est en pleine détérioration, si les membres d'origines de cette culture n'ont plus de points de repère auxquels ils peuvent s'identifier, ces points de repère ayant été remplacés par des marques de commerce? Les immigrants sont déracinés de leur environnement ancestral, ils sont donc déjà en perte d'identités. Les membres des communautés ethniques sont donc encore plus prompts à se révolter puisqu'ils n'ont aucun sentiment d'appartenance avec la communauté qui les accueils, vivant dans des ghettos en marge de la majorité. Si j'exprime cette idée, ce n'est nullement pour excuser le geste des pillards, mais plutôt pour tenter de le comprendre convenablement. Contrairement à la pensée populaire, comprendre un geste n'équivaut certainement pas à le pardonner.

Au Québec la situation est particulière puisque notre culture est en danger depuis la conquête, nous sommes donc généralement conscients de la précarité de notre statu. La protection de notre langue fut toujours un enjeu culturel majeur grâce auquel nous avons pu arriver à un certain consensus au sein de la population. Même si l'indépendance n'a pas eu lui la différence culturelle au Canada est présente depuis bien longtemps. Une grande partie des citoyens ayant une conscience politique connaissent donc les dangers du multiculturalisme, mais bien peu sont prêts à prendre des mesures concrètes pour renverser la situation puisque ces mesures apparaissent comme étant agressives pour un esprit libéral. Le multiculturalisme est en réalité bien plus qu'un danger c'est un mal qui doit être combattu. C'est pourquoi l'État ne devrait en aucun cas subventionner des programmes comme celui des accommodements raisonnables.

La culture est une chose, il est encore plus rare d'entendre parler d'un problème ethnique puisque le simple fait de prononcer le mot «race» dans un espace public fera de vous un paria. Être conscient des facteurs attribués à la race ne fait pas partie de l'esprit «progressiste», or s'il y a une chose qui est encore plus enracinée en nous que la culture, c'est bien la race. Les tensions raciales existeront toujours, les évènements actuels en sont une manifestation de plus, même si l'on tente d'expliquer ses tensions par une lutte de classe opposants les pauvres aux riches. C'est pourtant la classe moyenne qui en paie le prix.

Les pillages comme ceux de Londres n'ont pas lieu parce que les immigrants sont trop pauvres pour se nourrir convenablement, comme il est expliqué dans cet article. Les pillages ont lieu parce qu'il n'y a plus de consensus social en occident, les lieux communs disparaissent et la division règne de plus en plus. Si le multiculturalisme doit porter une grande partie du blâme, la corruption et la société mercantile doivent également être blâmées puisque la confusion et la révolte grondent même au sein des peuples fondateurs. Tant et aussi longtemps que des mesures anti-immigrations ne seront pas prises et que nos identités raciales et nationales ne seront pas plus fortes, ces pillages seront de plus en plus nombreux.



Le public et mes amis en particulier, attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité. L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour, l'intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. [...]
Non pas sur l'échafaud, environné d'une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l' indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendance de mes compatriotes ; nous avons été malheureux jusqu'à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien. Malgré tant d'infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et d'une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent ; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versés sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué de deux étoiles des Canadiens. [...]
Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d'échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais ! ... Je n'ai plus que quelques heures à vivre, et j'ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes. Pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant :

Vive la liberté !

Vive l'indépendance !



~ François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier

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